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25.06.20 modifié le 18.04.26

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Mort brutale de 2 guépards dans un zoo : la captivité de l’animal pointée du doigt

La mort de deux guépards au zoo de Doué-la-Fontaine (49) montrent l'incompatibilité totale de l'animal avec la captivité./©Pixabay-geralt

Alors que deux guépards sont morts coup sur coup au zoo de Doué-la-Fontaine (49), une enquête de l’association Code Animal, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, montre que le guépard est particulièrement incompatible à une vie en captivité.

Un guépard qui vomit ses tripes avant de se recroqueviller sous les yeux d’enfants choqués. Les images filmées par des spectateurs sont difficilement supportables. Mais elles montrent les effets catastrophiques (et fatals) de la captivité chez cet animal. 

L’animal est mort dans la souffrance peu après. Fait surprenant, un autre guépard a perdu la vie le jour même. Après la polémique, le Bioparc de Doué-la-Fontaine a confirmé sur Facebook la mort des deux guépards et l’autopsie aurait « révélé que le traitement antiparasitaire donné le matin même et pourtant communément utilisé chez cette espèce, est la cause de cette intolérance sévère et imprévisible.» (25/6/2020)

Le guépard fait partie de ces animaux charismatiques pour ces établissements, explique Alexandra Morette, présidente de l’association Code Animal qui vient de rendre publique une enquête sur la captivité des guépards. Les naissances sont annoncées en grande pompe. Le public va avoir envie de le découvrir. Malheureusement, on ne communique pas sur les conséquences terribles de la captivité sur cet animal. Ces images choc prouvent l’absurdité d’enfermer ces animaux dans des enclos. Pour rappel, un guépard a une vitesse avoisinant les 100 km/h et peut faire des bonds de 7 mètres. Aucun enclos ne peut répliquer sa vie en milieu naturel. »

Traqué dans son milieu naturel, élevé pour divertir l’humain

Espèce classée « vulnérable » depuis 1986 sur la liste rouge de l’IUCN, le guépard est inscrit sur l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES). D’après l’IUCN, il ne resterait plus que 10 000 individus en Afrique et en Asie. « La population semble poursuivre sa décroissance, note Richard Thomas, porte-parole de l’ONG Traffic, contacté par 30millionsdamis.fr. En Iran, ils sont devenus extrêmement rares. L’espèce est presque confinée en Afrique. Il s’agit d’un animal nécessitant beaucoup de terres pour chasser. Les guépards sont particulièrement sujets à la perte de l’habitat. Au vu de l’expansion des activités humaines, l’avenir ne semble pas bon pour l’espèce… »

Ces images choc prouvent l’absurdité d’enfermer ces animaux dans des enclos.

Alexandra Morette – Présidente Code Animal

En difficulté dans son milieu naturel, le guépard est devenu une proie pour l’homme avide de divertissement. « Entre 1936 et 2018, plus de 550 guépards ont transité dans les zoos français, révèle Alexandra Morette. Aucun n’a jamais été relâché. Bien au contraire, on en a même capturé et importé en France. » Certains animaux ont effectivement été capturés depuis la Namibie, le Soudan et le Niger. Plus inquiétant encore, des fermes d’élevage de guépards en Afrique du Sud fourniraient même certains zoos. 

Stress, manque d’espace… Le guépard vit (très) mal la captivité

Autre motif d’inquiétude pour le guépard en captivité, la mortalité infantile. « Le guépard éprouve d’immense difficultés à se reproduire en captivité, souligne Alexandra Morette. Un nouveau né sur deux ne survit pas. L’argument de la préservation de l’espèce ne tient pas. Cela s’explique facilement : le stress de la présence humaine et de l’enfermement. Comme nous pouvons le lire dans les standards de détention de l’association des zoos européenne, les besoins des guépards ne sont pas exactement connus, notamment en terme de nourriture. Les zoos se basent donc sur les connaissances du chat domestiques pour s’occuper de ces animaux ! » Selon les informations de Code Animal, il y aurait 1835 guépards en captivité (chiffre au 31 décembre 2016) dans 289 établissements de 49 pays. 

Les conséquences dévastatrices de la captivité sont régulièrement dénoncées par la Fondation 30 Millions d’Amis. Récemment, le mini-zoo de Santander (Espagne) a été la cible des défenseurs des animaux. Les situations dramatiques des éléphants captifs au Pakistan ou des lions au Soudan ont aussi été pointées. Pourtant, des alternatives engendrées par de nouvelles technologies permettent aux spectateurs de découvrir la faune sauvage sans lui nuire, comme les réserves virtuelles.

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