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23.07.20 modifié le 18.04.26

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Des oiseaux piégés et tués à cause de nos masques jetables : réagissons !

Si ce goéland aux pattes nouées par l'élastique d'un masque jetable a pu être sauvé, d'autres oiseaux ont succombé au piège à travers le monde. ©RSPCA - South Essex Wildlife Hospital /Facebook

Très affaibli, un goéland aux pattes entravées par un masque chirurgical a pu être secouru en Angleterre. Ailleurs dans le monde, d’autres oiseaux ont été retrouvés morts, eux aussi piégés par des masques à usage unique. 30millionsdamis.fr lance un appel : pour protéger les animaux, jetons nos masques usagés… dans une poubelle !

Notre protection contre le Covid-19 ne doit pas signifier un arrêt de mort pour les animaux ! Le message des autorités britanniques est clair, quelques jours après le sauvetage in extremis d’un goéland dans la région de l’Essex. Le volatile se déplaçant péniblement au sol avait été repéré par les employés d’une concession automobile, avant d’être finalement capturé par une équipe de la Société royale pour la prévention de la cruauté animale (RSPCA)… au bout d’une semaine de supplice. « Le pauvre animal trébuchait et tombait sans cesse, a commenté l’un des agents, interrogé par la BBC (20/07/2020). Les élastiques du masque s’étaient resserrés autour de ses pattes, dont les articulations étaient gonflées et le faisaient souffrir. »

Victimes de la négligence humaine

J’ai bien peur que ce goéland soit la première d’une longue série de victimes.
Adam Jones, RSPCA

Soigné par des vétérinaires, le goéland secouru reprend aujourd’hui des forces en volière avant de pouvoir être relâché dans la nature. « A présent qu’ils sont obligatoires, de plus en plus de masques vont être jetés de façon irresponsable, s’inquiète Adam Jones, enquêteur de la RSPCA. J’ai bien peur que ce goéland soit la première d’une longue série de victimes. » Dans le monde, plusieurs oiseaux ont déjà subi de telles mésaventures, à l’instar d’un merle d’Amérique retrouvé suspendu dans un arbre en Colombie Britannique (Canada) avec un masque chirurgical enroulé autour de l’aile… et qui, lui, n’a malheureusement pas survécu. « Cet oiseau est la victime innocente de la négligence humaine », avait commenté Sandra Denisuk, à l’origine de cette triste découverte, sur les réseaux sociaux en avril 2020.

En France, si aucun cas de ce type n’a jusqu’à présent été signalé dans les centres de sauvegarde gérés par la Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO), l’inquiétude est cependant perceptible. « Le danger existe comme avec tout autre déchet plastique similaire : emmêlement invalidant, blessure, section des membres, étranglement, ingestion, pollution du milieu naturel, énumère Yann Libessart, Responsable du service communication de la LPO, contacté par 30millionsdamis.fr. Alors que des avancées étaient enfin réalisées en matière de réduction de produits plastiques à usage unique (pailles, gobelets, sacs, etc.), il est regrettable de voir leur consommation à nouveau exploser. » En effet, trottoirs, caniveaux, parcs… Pas un seul lieu n’échappe à l’invasion de déchets. Un problème qui risque de s’amplifier, le masque étant désormais obligatoire dans les lieux publics clos.

Un masque jetable se « dégrade » au bout… de 450 ans !

Si les masques jetés en pleine rue affectent d’abord la faune urbaine et notamment les oiseaux, ces déchets peuvent également se retrouver, par l’intermédiaire des vents, des cours d’eau et des canalisations, dans les océans. Fabriqués à partir de polypropylènes (substances issues du pétrole), ils mettent alors en péril les animaux marins, venant s’ajouter aux 8 millions de tonnes de déchets plastiques déversés dans les océans chaque année… et dont les résidus se retrouvent déjà dans les intestins d’animaux vivant jusqu’à 11 000 mètres de profondeur. Deux semaines après le début du déconfinement, les plongeurs de l’association « Opération Mer Propre » s’alarmaient d’ailleurs de la présence de masques chirurgicaux et de gants en latex dans la mer Méditerranée (post ci-dessous).

« Les citoyens se sont montrés responsables en suivant les conseils du gouvernement pour contenir l’infection en restant chez eux ; il faut maintenant qu’ils se montrent responsables dans la gestion des équipements de protection individuelle [gants et masques jetables, NDLR], qui doivent être éliminés correctement et non dispersés dans la nature », a réagi Donatella Bianchi, Présidente de WWF Italie, citée par La Stampa. Si les masques à usage unique doivent impérativement être jetés à la poubelle, le recours à des alternatives réutilisables et lavables est, quant à lui, vivement encouragé… en particulier pour des raisons environnementales : un masque chirurgical – à changer toutes les 3 à 4 heures – mettra environ 450 ans à se « dégrader » !

Pour rappel, le jet de déchets – y compris de gants et de masques – sur la voie publique est actuellement passible d’une amende de 68 euros, un projet de décret ayant même prévu d’augmenter cette sanction jusqu’à 135 euros.

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