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06.11.20 modifié le 18.04.26
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Pas-de-Calais : autorisation de chasse de « régulation » de 10 espèces malgré le confinement

Les chasseurs du Pas-de-Calais pourront déroger au confinement pour aller chasser les sangliers et 9 autres espèces animales. ©fra298 /Flickr
(Avec AFP) – La préfecture du Pas-de-Calais a autorisé la chasse de dix espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » notamment de terres agricoles, une dérogation au confinement réclamée par les chasseurs et les agriculteurs. La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce une décision abusive basée sur l’argument de la « régulation », au combien contestable.
Tendez la main aux chasseurs… et ils vous prennent le bras ! Dans un communiqué (5/11/2020), la préfecture indique que la « régulation » du sanglier, du chevreuil, du daim, du cerf Sika et de six espèces dites nuisibles (pigeon ramier, renard roux, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde et rat musqué) est autorisée.
Ces espèces chassables seraient « susceptibles d’occasionner des dégâts, notamment aux productions agricoles et/ou forestières« , explique la préfecture, précisant néanmoins que le maintien de cette « activité d’intérêt général » devrait se faire « dans le respect des règles sanitaires« .
Cet arrêté fait suite à la demande mercredi 4 novembre exprimée par la FDSEA du Pas-de-Calais d’autoriser la chasse de 14 espèces dans le département, dont quatre non retenues par la préfecture : lapin de garenne, lièvre, faisan et étourneau sansonnet.
Des dérogations « limitées au strict minimum », vraiment ?
La secrétaire d’Etat à la Biodiversité Bérangère Abba avait affirmé dimanche et lundi que les dérogations au confinement accordées aux chasseurs pour permettre la régulation de certaines espèces seraient limitées « au strict minimum« , évoquant les sangliers et les cervidés.
Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen avait cependant ensuite indiqué à l’AFP que ces dérogations pourraient concerner « 6 ou 7 espèces« , ajoutant notamment les lapins, lièvres, faisans et pigeons. Ce à quoi, interrogée sur cette hypothèse lundi lors d’une conférence de presse, Mme Abba a simplement répondu « non« .
Dans la lettre envoyée par le ministère aux préfets, il est toutefois précisé que ces derniers pourront autoriser des prélèvements de sangliers et de cervidés, mais aussi « exceptionnellement » d’autres espèces chassables qui pourraient provoquer des dégâts. Il s’agit de « répondre localement à l’impératif de couvrir un maximum de dégâts économiques« , a expliqué jeudi le ministère à l’AFP.
La « régulation », une excuse au combien contestable !
Le porte-parole de La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Yves Vérilhac, s’étonne « du zèle de l’administration qui veut autoriser la chasse le plus vite possible » et met en garde contre « l’irresponsabilité de certains responsables cynégétiques qui veulent contourner l’arrêté ministériel« .
Face à l’excuse – maintes fois resservie – de la « régulation » pour éviter de potentiels « dégâts », la Fondation 30 Millions d’Amis tient à rappeller que des dizaines de milliers de sangliers sont élevés et relâchés dans notre pays pour être tirés, ce à quoi s’ajoute l’agrainage, cette technique utilisée par les chasseurs pour nourrir les sangliers et en multiplier les effectifs de façon à entretenir un stock d’animaux à tuer. Cessons l’hypocrisie !


