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30.06.22 modifié le 18.04.26
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La faune sauvage, cible des chasseurs… même l’été !

Par dérogation, le code l'environnement permet aux préfets de département d'autoriser la chasse de certaines espèces dès le 1er juin de l'année. ©AdobeStock
En France, certaines espèces sauvages sont chassées depuis le 1er juin. Cette dérogation aux périodes d’ouverture générale de la chasse exerce une pression insoutenable sur la faune sauvage, notamment en cette période de sevrage des juvéniles. La Fondation 30 Millions d’Amis demande au ministère de l’Écologie de mettre fin à cette exception… qui tend à devenir la règle.
Pas de répit pour la faune sauvage. En France, les chevreuils, daims, sangliers et renards peuvent être chassés sur décision préfectorale dès le 1er juin, soit 3 mois avant l’ouverture générale de la chasse.
Une pression supplémentaire sur la faune sauvage
Si en principe, la saison de chasse s’étend grossomodo de la mi-septembre à la fin février (avec une petite distinction selon les départements pour le jour d’ouverture), une exception est toutefois prévue pour permettre aux préfets de département qui le souhaitent d’autoriser des périodes complémentaires de chasse pour certaines espèces (article R. 424-8 du code de l’environnement).

Ainsi, les chevreuils, daims et sangliers peuvent être chassés dès le 1er juin (alors que cerfs, mouflons, chamois et isards peuvent être tirés à partir du 1er septembre). Déjà traqués en raison de leur statut d’ « espèce susceptible d’occasionner des dégâts », les renards peuvent – eux-aussi – être victimes de cette « chasse d’été » puisque « toute personne autorisée à chasser le chevreuil ou le sanglier avant l’ouverture générale peut également chasser le renard ». « Cette espèce subit déjà trop de persécutions : chasse à courre jusqu’à fin mars, déterrage et piégeage toute l’année, fustige l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Ces tirs d’été vont également perturber d’autres espèces dont la chasse n’est pas encore ouverte, ou encore des espèces protégées, et alors que les jeunes ne sont pas encore sevrés. »
Risques accrus pour les promeneurs et leurs animaux
Sans oublier le danger qu’implique cette pratique pour les promeneurs ! « Ces tirs d’été augmentent lourdement et de manière inacceptable les risques d’accidents de chasse impliquant des non-chasseurs, tempête l’ASPAS. Ces derniers n’auront en effet que très peu de mois pour se promener en pleine nature sans être inquiétés, (…) à l’encontre de tout impératif de sécurité publique. »
Les tirs d’été augmentent de manière inacceptable les risques d’accidents de chasse.
ASPAS
Chaque année, une centaine d’accidents de chasse est à déplorer. Pour la saison de chasse 2020-2021, l’Office Français pour la Biodiversité a recensé 80 accidents de chasse, dont 7 mortels. Sans parler des nombreux animaux de compagnie victimes de tirs de chasse « involontaires ». Aussi, pour limiter les risques, les promeneurs peuvent consulter le site de la fédération de chasse du département – ou, à défaut, la mairie – qui communiquera les jours, horaires et zones de chasse. Une fois sur place, il importera de se rendre visible grâce à des vêtements colorés – au mieux fluorescents – tout en gardant son animal de compagnie à proximité.
Une exception qui devient la règle ?
Ces « tirs d’été », censés rester une exception, semblent être devenus la règle : « La quasi-totalité des départements autorisent systématiquement ces tirs chaque année », constate l’ASPAS. Pour limiter le nombre d’accidents de chasse, la Fondation 30 Millions d’Amis demande au ministère de la Transition écologique de mettre fin à cette dérogation.
Elle milite également depuis de nombreuses années pour l’instauration d’un dimanche sans chasse. Un vœu très largement partagé par l’opinion publique puisque 76 % des Français sont pour l’interdiction de la chasse le dimanche (Baromètre Fondation 30 Millions d’Amis /Ifop, 2022).


