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09.03.23 modifié le 18.04.26

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A Pérols (34), le retour de la corrida indigne

Le retour de la corrida à Pérols alors que les communes voisines l'ont abandonné provoque l'ire des habitants et des associations. / ©Adobe stock-cynoclub

La commune héraultaise de Pérols a annoncé l’organisation d’une corrida avec mise à mort le 15 juillet 2023. Une décision décriée par les associations de protection animale – dont la Fondation 30 Millions d’Amis – qui pointent un non-respect de la loi dans une ville où la corrida a été interrompue durant une vingtaine d’années.

6 ! C’est le nombre de taureaux qui devraient être mis à mort cet été dans la ville de Pérols, dans l’Hérault. La faute à la décision incompréhensible du maire de la commune de faire ressurgir les démons du passé. Cela faisait en effet une vingtaine d’années qu’une corrida n’avait pas fait couler de sang.

A contre-courant

« C’est complètement à contre-courant, pointe Roger Lahana, président de No Corrida – partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis. C’est une mauvaise surprise car la tendance générale est d’aller dans le sens inverse. Cela faisait 20 ans qu’il n’y avait pas eu de corrida espagnole dans cette ville. »

Une interruption qui pose question au regard de la loi. L’article 521-1 du Code pénal fixe la tradition locale ininterrompue comme unique exception à l’interdiction des sévices graves et les actes de cruauté envers les animaux.

Le maire, Jean-Pierre Rico, convient que « cela faisait un certain nombre d’années qu’il n’y avait pas eu de corridas. Mais il y en a eu, pendant longtemps », se justifie-t-il dans 20minutes.

Un véritable flou juridique

C’est une mauvaise surprise car la tendance générale est d’aller dans le sens inverse.
Roger Lahana – No Corrida

Un argumentaire qui provoque la consternation parmi les associations de protection animale. Mais qui permet de pointer un véritable flou juridique. En effet, « au regard de la jurisprudence, ce n’est pas aussi simple qu’on le dit », rappelle la présidente de l’Alliance Anticorrida, Claire Starozinski, à 30millionsdamis.fr. Certaines décisions de justice ont associé le terme « locale » à un « ensemble démographique et non à une localité ».

Pour l’Observatoire national des cultures taurines (ONCT), « il suffit qu’un nombre suffisant de Péroliens aillent voir des spectacles taurins dans d’autres villes proches appartenant au même ensemble géographique (…) ou organisent à Pérols des manifestations culturelles autour de la corrida pour que la tradition ne soit pas interrompue au regard de la jurisprudence ».

Une décision qui fracture la population

« Il n’y a pas de tradition taurine espagnole à Pérols et nous allons le démontrer, soutient de son Claire Starozinski. Nous avons déjà mené de nombreuses batailles dans ce sens. On ne lâchera pas face à une telle provocation. »

Le bras de fer apparaît d’autant plus légitime que l’annonce du maire de Pérols a provoqué des remous au sein même de sa population (9 500 habitants). Une pétition pour demander l’annulation de l’événement flirte avec les 50 000 signatures. Des Péroliens n’hésitent pas à critiquer ouvertement la position de la mairie sur les réseaux sociaux. « Une honte pour notre village et les Péroliens », s’emporte Muriel sur le groupe Facebook « Pérols, Stop à la corrida » qui compte plus de 400 membres. « Cette minorité pro-corrida ne représente en rien l’ensemble de Pérols et le reste de la ville », renchérit un autre internaute.

7 Français sur 10 veulent la fin de la corrida

Quant à la question du financement, elle reste floue. Sponsors privés, mécènes ou argent public, le maire devra rendre des comptes à ses habitants au vu du coût d’une telle organisation. « Le maire rappelle que différentes actions (installation d’une statue de taureau, cette corrida, etc) sont des opérations « blanches » grâce à des « mécènes »… Mais qui sont-ils alors ? Au regard de ce revirement de position, on est en droit de se poser des questions ? Il est rare, surtout par les temps actuels, que des sociétés donnent de l’argent de façon complètement désintéressée… Est ce que le maire ne « vend » pas la ville, et ses habitants, pour des convictions qui ne seraient pas sincères ? », s’interroge le collectif d’habitants sur les réseaux sociaux.

Ce retour de la mise à mort taurine dans les arènes de Pérols intervient alors que 72 % de nos concitoyens estiment que faire souffrir des animaux au nom de certaines traditions locales comme la corrida n’est pas justifié. Plus de 7 sondés sur 10 souhaitent d’ailleurs l’interdiction de la corrida en France, selon le dernier baromètre « Les Français & le bien-être animal » mené par l’Ifop pour la Fondation 30 Millions d’Amis.

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