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23.04.26
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Porcelets castrés à vif : L214 porte plainte pour « sévices » contre un élevage breton

Des porcelets castrés à vif et des truies laissées sans soins. / © AdobeStock
Le 23 avril 2026, l’association L214 a porté plainte contre un élevage porcin situé à Kergrist (56), en Bretagne. L’association accuse l’élevage de « sévices graves » sur les porcelets, et de « mauvais traitements » sur les truies. D’après L214, des images datant de février 2026 dévoilent ces « infractions graves ». Selon le baromètre 2026 de la Fondation 30 Millions d’Amis/Ifop, 8 français sur 10 s’opposent à l’élevage intensif.
L’association animaliste L214 a annoncé jeudi 23 avril 2026 avoir porté plainte contre un élevage porcin breton (56), accusé notamment de « sévices graves » sur des porcelets qui sont, selon elle, castrés sans anesthésie et tués sommairement lorsqu’ils sont jugés trop faibles. Sollicité par l’AFP, l’élevage situé à Kergrist (Morbihan), près de Pontivy, n’a pas souhaité réagir à ces accusations. Selon L214, des images filmées fin février 2026 dans cette « maternité collective » comptant un millier de truies ont révélé « des infractions graves », dont la castration sans anesthésie, interdite en France depuis 2022, et le « claquage » au sol de porcelets pour les tuer lorsqu’ils sont jugés trop faibles. « Ce que révèlent les images constitue donc une infraction pénale caractérisée, passible de poursuites pour sévices graves », assure L214.
Des « cadavres en décomposition »
L’association accuse aussi l’élevage de laisser au milieu des vivants des « cadavres en décomposition » et de laisser sans soins des « truies gravement blessées » dans des enclos recouverts de lisier. Elle indique avoir déposé plainte le 20 avril 2026 auprès du parquet de Lorient pour « sévices graves et mauvais traitements » et avoir demandé « l’intervention immédiate des services vétérinaires du Morbihan ». Cette exploitation a fait l’objet le 17 avril 2026 d’une inspection par les services de l’Etat et « les irrégularités constatées ont justifié d’une mise en demeure au titre du respect des normes applicables en matière de protection animale », sans qu’aucun élément « ne motive à ce jour la fermeture immédiate de l’exploitation », a fait savoir la préfecture du Morbihan dans un communiqué.
Le groupe agroalimentaire breton Eureden pointé du doigt
L214 fustige également la coopérative bretonne Eureden (marques d’aucy, Paysan Breton…) qui selon elle « conseille cet élevage et commercialise sa production ». Eureden « se présente comme un acteur engagé pour le ‘bien-être animal’, en contradiction avec la réalité de ses élevages de cochons montrée par les images de l’enquête », écrit l’association dans un communiqué. Contacté par l’AFP, Eureden n’a pas souhaité faire de commentaires.
Avec 485 éleveurs adhérents et « plus de 1,3 million de cochons commercialisés par an », Eureden a pour L214 « une responsabilité majeure dans le maintien d’un système à l’origine de souffrance quotidienne et intense des animaux ». L’association demande à la coopérative de s’engager sur un référentiel de règles minimales prévoyant notamment l’abandon des cages individuelles pour les truies et la fin des mutilations dont la castration. En mars 2025, Inaporc, qui représente les professionnels de la filière porcine française, avait jugé ce référentiel « totalement impossible à appliquer pour les éleveurs et les transformateurs » car il « imposerait de détruire et reconstruire l’ensemble des élevages français de porc » avec un surcoût de plus de 7,7 milliards d’euros.

Selon le Baromètre 2026 « Les Français et le bien-être animal » de la Fondation 30 Millions d’Amis, réalisé par l’Ifop, 8 Français sur 10 rejettent l’élevage intensif et 90 % des citoyens soutiennent l’interdiction européenne de l’élevage en cage.
(Avec AFP)


