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10.12.18
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Mise en place de la première étiquette « bien-être animal »

Le poulet de chair, premier à bénéficier d'un étiquetage "bien-être animal". © Pixabay
Basé sur 230 critères incluant la naissance, l’élevage, le transport et l’abattage, le groupe Casino vient de mettre en place un étiquetage « bien-être animal ». Un nouveau référentiel qui ne s’applique pour l’instant qu’au poulet de marque « Casino Terre & Saveurs® ». L’enseigne souhaite par la suite l’élargir à d’autres produits. Le décryptage de 30millionsdamis.fr.
Si les œufs de poule bénéficiaient déjà d’un code allant de 0 (œuf bio) à 3 (œuf de poule en cage), aucun équivalent n’existait jusqu’à présent pour les autres produits d’origine animale, viande et produits laitiers. Les consommateurs sensibles aux conditions d’élevage et d’abattage des bêtes n’avaient donc aucune indication leur permettant de choisir les alternatives les plus éthiques. C’est désormais chose faite, du moins, pour le poulet de chair. Après deux ans de réflexion avec trois associations de protection animale (CIWF, LFDA et OABA) et avec des éleveurs, le groupe Casino (Monoprix, Naturalia, Franprix, Leader Price…) vient de lancer son propre référentiel. Un site internet dédié présente la démarche.
Des contrôles externes indépendants
Au total, 230 critères ont été retenus pour évaluer le bien-être animal. Parmi eux, figurent à la fois des moyens mis en œuvre, tels que la densité d’élevage, l’accès à un espace extérieur, les soins apportés, la durée du transport de la ferme à l’abattoir ou encore le mode d’abattage (avec ou sans étourdissement), mais aussi les résultats de ces actions (comportements observés). Pour chacun de ces critères, une note est accordée sur la base de contrôles externes indépendants réalisés tous les ans auprès des opérateurs (éleveurs, abattoirs, etc.). A cette note va correspondre le niveau en vert sur l’étiquette, de A (« supérieur ») à D (« standard »).
Si Casino endosse pour l’instant la responsabilité de cet étiquetage, le groupe compte bientôt passer le relais : « Nous réfléchissons actuellement à la mise en place d’une structure associative permettant de porter la démarche d’étiquetage du bien-être animal et d’intégrer de nouveaux acteurs souhaitant étiqueter leurs produits selon le référentiel établi », explique par communiqué Matthieu Riché, Directeur de la Responsabilité Sociale d’Entreprise. Le groupe ambitionne que son référentiel puisse servir de base à un équivalent au niveau national ou européen.
La jungle des étiquetages
« Cet étiquetage va permettre d’encourager les consommateurs à privilégier des achats plus respectueux du bien-être animal et de valoriser le travail des éleveurs engagés sur le sujet », se réjouit Amélie Legrand, Responsable des affaires agroalimentaires de CIWF France. Toutefois, la Fondation 30 Millions d’Amis regrette que les exigences se reportent sur les acheteurs – qui devront frayer leur chemin dans la jungle des étiquetages (Agriculture biologique, Label rouge, etc.) – plutôt que sur la réglementation.
En mai 2018, le projet de loi EGalim (agriculture et alimentation) avait été vidé de la plupart des mesures en faveur des animaux : vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, interdiction de l’abattage sans étourdissement, de la castration à vif des porcelets ou encore des cages pour les poules ou les lapins… Depuis octobre, une initiative citoyenne lancée par CIWF à laquelle participe la Fondation 30 Millions d’Amis vise à bannir les cages de l’Union européenne : objectif, réunir 1 million de signatures.


