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16.01.19 modifié le 17.04.26
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Les animaux marins victimes de nos plastiques : agissons !

Les objets en plastique blessent et étouffent les animaux marins. © Pixabay
Nos pailles, couverts, gobelets et autres déchets plastiques polluent… et tuent ! La Fondation 30 Millions d’Amis rappelle l’urgence à agir contre ce fléau, qui étouffe et contamine la faune de nos océans. Si un texte européen doit interdire les plastiques à usage unique à l’horizon 2021, la France pourrait avoir pris les devants sur cette problématique.
Au total, 8 millions de tonnes de déchets en plastique se retrouvent dans les océans chaque année, faisant d’innombrables victimes, en particulier les tortues marines – déjà fragilisées par la destruction des plages propices à la ponte. Les tortues luths confondent généralement les sacs plastiques avec les méduses, leurs proies de prédilection. Les tortues vertes et les tortues caouannes, en revanche, ingèrent involontairement des fragments accrochés à leur nourriture.
A cette tragédie pour les tortues s’ajoutent les dégâts invisibles du plastique sur les animaux bâtisseurs des récifs, les coraux. Ceux exposés à des déchets plastiques sont plus susceptibles vis-à-vis de certains microbes pathogènes, soit un risque de maladie multiplié par 20 ! Un effet dramatique, quand on sait que les récifs servent de nurserie ou d’habitat pour de très nombreux poissons.
Des « continents de plastique » dans les océans

Rassemblées par le courant, les ordures suffisamment légères pour ne pas sombrer s’accumulent dans cinq gigantesques vortex océaniques créés par les courants marins (océan Indien, Atlantique nord, Atlantique sud, Pacifique nord et Pacifique sud). Si l’expression « continents de plastique » évoque une image de vastes étendues solides, il s’agit en fait d’une « soupe » de débris de toutes tailles.
Plongés dans l’eau, nos bouteilles, bidons et autres films alimentaires se dégradent petit à petit sous l’effet des rayons UV et des vagues, formant des petites particules – les microplastiques – sur lesquelles viennent s’agréger divers polluants. Les animaux marins en ingèrent lorsqu’ils traversent l’eau contaminée, ce qui perturbe leur croissance et leur reproduction.
Une récente étude menée dans trois bassins océaniques du monde (Atlantique, Méditerranée et Pacifique) a mis en évidence l’ampleur de la contamination pour les sept espèces de tortues marines que compte notre planète. La totalité des individus autopsiés – soit 102 tortues échouées ou capturées accidentellement – présentait des microplastiques dans leur organisme !
Interdire les objets en plastique jetable
Si la poubelle de tri reste un allié de taille, le recyclage n’est pas la solution miracle, puisqu’il ne concerne pas encore tous les types de plastiques. Certains matériaux, trop gras ou trop fins, y échappent. Ainsi, selon la Commission européenne, 70 % des plastiques ne sont pas recyclés, à l’instar de la grande majorité des emballages.
Suite à une proposition de la Commission européenne, un accord a été négocié en décembre 2018 à Bruxelles afin d’interdire les objets en plastique à usage unique tels que les pailles, les cotons-tiges, les touillettes et vaisselle jetable, formant 70 % des déchets retrouvés dans les océans et sur les plages. Le texte devra être validé officiellement par le Parlement européen et par le Conseil de l’U.-E. cette année… Pour une application par les Etats membres d’ici 2021.
La France a une (courte) longueur d’avance dans ce domaine, puisque ces produits devraient y être interdits dès 2020. En attendant, il appartient à chacun d’éviter d’acheter de la vaisselle en plastique jetable par exemple, et de refuser ce type d’objets à usage unique lorsqu’ils sont distribués gratuitement (gobelets, touillettes, couverts…). La survie des tortues, des coraux et de bien d’autres espèces dépendent de notre action !


