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11.06.19 modifié le 17.04.26
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L’enfer d’un élevage de poules pondeuses fournissant le groupe Avril

Déplumées, affaiblies, les jeunes poules pondeuses ont un état de santé catastrophique. ©L214 Éthique & animaux
La Fondation 30 Millions d’Amis et l’association L214 révèlent de nouvelles images accablantes d’un élevage intensif de 190 000 poules pondeuses du Morbihan, qui approvisionne notamment le groupe Avril – 1er producteur d’œufs en France (11/06/19). Elles appellent le groupe Avril à s’engager à bannir l’élevage en cage, et portent plainte contre l’élevage mis en cause pour sévices graves et mauvais traitements.
Près des cadavres entassés de leurs congénères, plusieurs poules sont estropiées au sol. Assoiffées et affamées, elles n’ont plus accès à l’eau ni à la nourriture… certaines mourront de soif et de faim ! Tel est le funeste destin des poules pondeuses éjectées hors des cages lors des opérations de « ramassage » dans un élevage intensif situé à Caro (56), qui fournit le groupe Avril. Rendues publiques par la Fondation 30 Millions d’Amis et l’association L214, ces images tournées le 3 mai 2019 prouvent une fois encore que l’élevage en cage inflige aux animaux de terribles conditions de vie, totalement inacceptables !
L’enfermement et le ramassage brutal laissent les poules à l’agonie. ©L214 Ethique et animaux / Fondation 30 Millions d’Amis
« Aucun bénéfice économique ne peut justifier que de tels excès soient infligés à des êtres sensibles comme le fait l’élevage des poules en cage, réprouvé par 9 Français sur 10, déclare Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. J’appelle le groupe Avril à prendre ses responsabilités et à écouter les citoyens en s’engageant publiquement à abandonner l’élevage des poules en cage pour l’ensemble de ses activités. Plus aucun débouché ne doit être proposé à ce mode d’élevage archaïque, c’est pourquoi les associations se fédèrent pour lutter ensemble contre les cages ». Malgré une baisse ces dernières années sous la pression de l’opinion publique à la suite des révélations par les associations, l’élevage en cage représente encore 57,8 % de la production française d’œufs.
L’enfermement en batterie, l’agonie et la mort
Aucun bénéfice économique ne peut justifier que de tels excès soient infligés à des êtres sensibles.
Reha Hutin
Entassées et enfermées, incapables d’exprimer leurs comportements naturels, les poules pondeuses de cet élevage qui approvisionne des entreprises comme le groupe Avril – qui produit 3,5 milliards d’œufs par an, soit près d’un quart de la production totale française – ne connaissent qu’une vie de souffrances. Alors qu’une poule en bonne santé peut vivre entre dix et douze ans, les jeunes poules en élevage intensif sont déjà dans un état pitoyable à l’âge d’un an et demi en raison de leurs conditions de captivité en batterie ; elles sont « ramassées », c’est-à-dire sorties des cages et mises dans des caisses à destination de l’abattoir. Cette opération est souvent effectuée de manière très rapide et violente, et les animaux qui chutent hors des cages sont promis à l’agonie et à la mort. Les poules visibles sur ces images ont, depuis, toutes été envoyées à l’abattoir… remplacées par 190 000 nouvelles jeunes poules à l’état de santé probablement déjà dégradé.
Bannir l’élevage en cage y compris pour les « œufs cachés »
L’élevage en cage est une pratique ignoble pour les animaux. Cette exploitation aggrave encore leur supplice du fait du ramassage bâclé et de l’indifférence totale concernant les nombreuses poules tombées au sol, agonisantes ou déjà mortes. La Fondation 30 Millions d’Amis et l’association L214 ont décidé de porter plainte contre l’élevage en question – qui appartient à une représentante de la filière œufs en France – pour sévices graves et mauvais traitements.
Malgré les scandales répétés impliquant sa responsabilité, le groupe Avril ne s’est toujours pas engagé à tourner le dos à l’élevage en cage pour l’ensemble de ses activités. S’il a annoncé le 4 octobre 2018 qu’il cesserait de commercialiser des œufs provenant d’élevages en cage d’ici 2025 (marque Matines), le groupe Avril passe néanmoins sous silence les « ovoproduits », commercialisés sous forme liquide ou en poudre et présents dans de nombreux produits servis dans les cantines scolaires, les maisons de retraite ou encore les restaurants d’entreprise.
La Fondation 30 Millions d’Amis et l’association L214 appellent le groupe Avril à étendre son engagement aux « œufs cachés », pour lesquels le consommateur ne dispose d’aucune traçabilité sur le mode d’élevage.


