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26.08.19 modifié le 17.04.26

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Manège à poneys : « En attente d'une loi, les maires ont les moyens de les interdire »

La Fondation 30 Millions d'Amis reçoit plusieurs signalements de manèges à poneys dans les villes et villages de France comme ici à Monteux (Vaucluse). / ©DR

La Fondation 30 Millions d’Amis a récemment interpellé la ville de Monteux (Vaucluse) sur la présence d’un manège utilisant des poneys vivants dans une foire de la commune (24/08/2019). Ces tristes attractions sont malheureusement monnaie courante en France l’été. Il est urgent que le gouvernement et le législateur prennent enfin des mesures d’interdiction concernant ces pratiques d’un autre âge qui scandalisent l’opinion.

Un tollé ! L’image de poneys tournant avec des enfants sur le dos des heures d’affilées à Monteux, dans le Vaucluse, a choqué de (très) nombreux internautes : « archaïque », « moyenâgeux », « honteux », « scandaleux », « barbare » …  Le post twitter de la Fondation 30 Millions d’Amis dénonçant cette pratique a suscité un flot de réactions négatives, tant à l’encontre de la ville et de son maire, que des parents accusés de cautionner cette souffrance animale et de ne pas éduquer leurs enfants au respect des animaux. Christian Gros, le maire de Monteux – déjà interpellé sur le même sujet en 2018 – s’est défendu indirectement en affirmant être contre l’installation du manège à poneys : « Je comprends et partage l’émotion de nombreuses personnes mais la réglementation l’autorise et en tant que maire, je dois l’appliquer. Cette question doit être traitée au niveau législatif. »

« Le moyen le plus rapide d’interdire ces attractions revient aux maires »

Pour Loïc Dombreval, député LaReEM des Alpes-Maritimes et président du groupe Condition animale à l’Assemblée nationale, les maires ont l’arsenal administratif disponible pour empêcher ce genre d’attraction dans leur commune : « Les manèges à poneys ne sont pas anecdotiques en termes de mal-être animal même s’ils sont peu nombreux sur le territoire », explique le vétérinaire. Le parlementaire qui travaille actuellement « à une grande proposition de loi sur la protection animale » et a posé une question au gouvernement, assure qu’elle « intègrera l’interdiction des manèges à poneys ». Mais le vote d’une loi prend énormément de temps. Pour Loïc Dombreval, « le moyen le plus rapide revient aux maires. Ils ont tous les moyens à leur disposition pour les empêcher ». « Si j’en avais eu sur ma commune, je peux vous dire que j’aurais immédiatement pris un arrêté », affirme l’ancien maire de Vence (06)

Les édiles ont donc bien autorité pour accorder ou non l’installation d’une manifestation de ce type. « La pratique n’est pas interdite en France, mais il existe toujours un moyen de refuser ce type de manège sur une commune, confirme Jérôme Neveux, maire de Jaunay-Marigny (86). Mais comme tous les arrêtés d’interdiction, il faut bien les motiver. Si on peut, invoquer des raisons sanitaires ou imposer des conditions draconiennes à ces exploitants pour les décourager. »

Ces manèges déjà interdits dans certaines villes

Les manèges à poneys ne sont pas anecdotiques en termes de mal-être animal.

Loïc Dombreval – Député, vétérinaire

Outre Monteux, des villages comme Saint-Barthélémy (Landes) ont également accueillis des manifestations de ce type. De même, la ville de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) a proposé un manège à poneys lors de ses fêtes patronales (14/08/2019) mais le 1er magistrat de la commune a annoncé que « cela ne cadre plus avec la dimension familiale et humaine que nous avons donnée à nos fêtes et qui a été très appréciée […] Pour l’année prochaine, c’est terminé ». Dont acte.

Certaines villes comme Caen ont, elles, décidé de les interdire (13/04/2019). La ville de Douai (Nord) a refusé catégoriquement l’installation de manège à poneys sur sa commune (07/07/2018) : « On ne veut plus de cette attraction à Douai, c’est un souhait municipal, confie la Mairie à 30millionsdamis.fr. Cela sera également le cas les prochaines années. On essaie ainsi de minimiser au maximum toute entrave au bien-être animal. » De la même façon, aucune ambiguïté du côté de la ville d’Arpajon en Essonne. Son maire indique sans ambages dans un communiqué publié sur Facebook (18/09/2018) que saisie « par des visiteurs et en accord avec ses principes, la ville d’Arpajon a pris toutes les mesures pour que ce [type de] manège ne soit, désormais, plus présent sur la foire et que les autorités compétentes soient alertées.»

Face à une opinion publique de plus en plus défavorable à l’utilisation abusive des animaux pour le divertissement, la Fondation 30 Millions d’Amis en appelle au ministère de l’Agriculture afin qu’il prenne instamment exemple sur la Belgique qui a légiféré contre les manèges à poneys en janvier 2019

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