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14.08.20 modifié le 18.04.26
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Equidés mutilés et tués en France : actes isolés ou barbarie d’un « serial killer » ?

Seul point commun entre les atrocités perpétrées sur des chevaux, des poneys et un âne depuis 2018 : une oreille coupée. Image d'illustration ©Karsun Designs /Flickr
Une pouliche de 18 mois a été retrouvée morte dans son pré en Saône-et-Loire, poignardée au cœur, les organes génitaux mutilés, un globe oculaire arraché et l’oreille droite sectionnée. Une douzaine de faits similaires, perpétrés sur des chevaux, ânes et poneys, ont été recensés au cours des derniers mois. 30millionsdamis.fr rassemble les informations disponibles sur cette abjecte « série meurtrière ».
Une barbarie au-delà des mots ! Le samedi 8 août 2020, Jean-Michel Martinot, a découvert le corps sans vie de Jade, l’une de ses pouliches, atrocement mutilée dans la nuit à Cluny (71). « A priori, elle a été attrapée au lasso puisqu’il y avait des marques. Elle a été poignardée au cœur. Elle a une oreille coupée. Ils lui ont enlevé un œil et tout l’appareil génital », confie son épouse encore sous le choc, interrogée par France 3 Bourgogne Franche-Comté (10/08/2020). Aucune des 6 autres juments présentes au pré cette nuit-là n’aurait été blessée. Le couple a déposé plainte auprès de la gendarmerie locale.
Dénominateur commun : une oreille coupée
L’inquiétude soulevée parmi la communauté des propriétaires d’équidés est d’autant plus grande que cette macabre découverte s’inscrit dans une mystérieuse série de mutilations perpétrées sur des chevaux, des poneys ainsi que sur un âne. Avant le calvaire de la jument suppliciée en Saône-et-Loire, au moins 10 plaintes ont été déposées pour des affaires similaires depuis le début de l’année 2020, selon un recensement de France Télévisions (07/08/2020), parmi une douzaine de cas au total. Dénominateur commun de toutes ces atrocités : une oreille prélevée par le tortionnaire sur le corps de l’animal.
Quelques jours seulement avant les faits survenus en Saône-et-Loire, un poney a été retrouvé mort dans son pré à Saint-Germain-lès-Arpajon (Essonne), une oreille coupée lui aussi. En France, cette étrange série meurtrière aurait débuté en 2018 et se serait accélérée en 2020, une majorité des cas étant recensée dans la partie nord du pays (Moselle en février, Yvelines et Aisne en avril, Somme en mai, Seine-Maritime en juin, Oise en juillet) bien qu’un cas ait été relevé en Vendée en février et un autre dans le Puy-de-Dôme l’année précédente. Parmi les équidés pris pour cible, deux ont été tués dans la même pension équestre, située à Berny-en-Santerre (Somme), à 3 jours d’intervalle.
Actes isolés ou « serial-killer » ?
Challenge lancé sur internet ? Défi ? Pulsion d’un individu ? Toutes les pistes sont envisagées.
Bruno Wallart, Cdt de gendarmerie
Si des enquêtes distinctes ont été ouvertes au niveau local, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) effectue des recoupements entre ces affaires. L’instance de la gendarmerie nationale devra déterminer s’il s’agit d’actes isolés perpétrés par plusieurs tortionnaires, ou d’un « serial-killer » au modus operandi bien défini. Bien que la seconde hypothèse ne puisse être écartée pour l’instant, la première pourrait être étayée par les différences entre les mutilations infligées aux animaux – de la « seule » oreille coupée jusqu’aux yeux et organes génitaux également arrachés – ainsi qu’en termes de « coup de grâce », certains équidés ayant été assommés, d’autres égorgés, éventrés ou encore étranglés.
« Les enquêteurs ont cependant été en mesure d’attester, en au moins une occasion, l’implication de plusieurs personnes au cours d’une même exaction », précise une source proche du dossier, jointe par le Figaro (13/07/2020). « Est-ce un challenge lancé sur internet ? Un défi ? La pulsion d’un individu ? Toutes les pistes sont envisagées », estimait quant à lui Bruno Wallart, commandant de la compagnie de gendarmerie de Riom (63), interrogé par l’AFP (06/2020), tandis que dans une note révélée par le Parisien, le Service central du renseignement territorial (SCRT) mentionnait plusieurs hypothèses : « Superstition, fétichisme, rituel satanique, sectaire ou autre ».
« Ce sont des sévices qui sont constatés […] de manière très ponctuelle, donc on ne peut pas parler de « phénomène » qui prenne de l’ampleur », nuance toutefois Jessica Martin, commandant en 2d de la compagnie de gendarmerie de Mâcon, face aux caméras de France Télévisions (12/08/2020). Parallèlement aux procédures officielles, plusieurs groupes Facebook ont été créés afin de « recenser les agressions d’équidés en France » et de recueillir de nouveaux témoignages.
Mise à jour, 17 août 2020 (AFP) – Une enquête a été ouverte par le parquet de Roanne (Loire) à la suite de mystérieux prélèvements d’organes post-mortem sur un cheval. Le corps de l’animal, décédé de mort naturelle vendredi 14 août, était entreposé depuis dans un pré à Sainte-Colombe-sur-Gand (42) en vue de son envoi à l’équarrissage. Lundi matin, son propriétaire a découvert qu’il avait été mutilé durant la nuit, avec une oreille coupée, un oeil retiré et le nez tranché. « Les gendarmes ont fait le rapprochement entre cette affaire et une quinzaine de cas de mystérieux actes de tortures et de mutilations de chevaux vivants à travers la France ces dernières semaines », a indiqué à l’AFP le parquet.


