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28.08.20 modifié le 18.04.26
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La culture d’huile de coco est un danger pour les espèces menacées !

La culture d'huile de coco a précipité l'extinction de certaines espèces tropicales, à l'instar du Renard volant et du Zostérops. Le Tarsier pourrait également disparaître. ©Pixabay
La culture d’huile de coco a des conséquences dramatiques sur la biodiversité. Nuisible pour une vingtaine d’espèces menacées, elle aurait même précipité l’extinction de plusieurs espèces tropicales. C’est le piètre constat révélé récemment par des biologistes de l’Université de Kent (Royaume-Uni) (« Our love of coconut oil may have forced some species to extinction », The Conservation, 07/2020). 30millionsdamis.fr fait le point sur ces conséquences néfastes peu connues.
Une huile de coco destructrice ! Devenu l’un des produits phares des enseignes « bio », sa production avoisine chaque année les trois millions de tonnes à travers le monde, contre 70 millions pour l’huile de palme. Mais ses effets n’en sont pas moins dévastateurs pour la biodiversité. Pire : son impact sur les espèces menacées serait bien plus néfaste que n’importe quelle autre culture tropicale.
La production d’huile de coco affecte 66 espèces menacées !
Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la production d’huile de coco affecterait 3 fois plus d’espèces menacées que la culture d’huile de palme, pourtant plus controversée. Au total, ce ne sont pas moins de 66 espèces menacées qui seraient affectées par les plantations de cocotiers. Cette culture a eu des effets dramatiques tels qu’elle aurait même contribué à l’extinction de certains spécimens, à l’instar du renard volant d’Ontong Java et du zostérops de Marianne, un petit oiseau originaire des Seychelles. Le cerf-souris – au nez en forme de trompe – des Philippines et le tarsier – un petit primate – de l’île Sangihe, certes encore présents, seraient eux-aussi en grave danger d’extinction : les forêts qui leur servaient d’habitat ayant laissé place aux plantations…
La noix de coco a eu un impact négatif important sur la biodiversité tropicale.
Erik Meijaard, Professeur et biologiste
Les noix de coco sont principalement cultivées aux Philippines et en Indonésie, où les écosystèmes, extrêmement riches et variés, abritent de nombreuses espèces endémiques. « Depuis les années 1940, les cocotiers sont principalement cultivés sur des îles tropicales, dont beaucoup possédaient un nombre remarquable d’espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre, explique Erik Meijaard, Professeur et biologiste à l’Université de Kent. Ainsi, malgré sa réputation bénigne, la noix de coco a eu un impact négatif important sur la biodiversité tropicale ».
Rétablir la vérité sur cette huile réputée
Les résultats de l’étude sont d’autant plus surprenants que l’huile de coco est généralement bien perçue aux yeux des consommateurs. Au cours d’études réalisées en 2018, la moitié des personnes interrogées reconnaissaient l’impact négatif de l’huile de palme sur l’environnement, tandis qu’autant de participants vantaient les bienfaits de l’huile de coco. Celle-ci est effectivement prisée, non seulement, en tant qu’alternative vegan aux produits laitiers, mais aussi, au regard de ses bienfaits supposés sur la santé. Dotée de vertus antibactériennes, elle permettrait de lutter contre la maladie d’Alzheimer tout en protégeant les artères et le cœur (Dr Mary T. Newport, « Maladie d’Alzheimer, et s’il existait un traitement ? », Josette Lyon, 2014).
Tous les produits alimentaires doivent être cultivés de façon durable.
E. Meijaard
En somme, les huiles végétales, y compris celles réputées vertueuses, peuvent in fine s’avérer catastrophiques pour la biodiversité et l’environnement… D’où l’importance, pour les scientifiques, de rétablir la vérité en donnant aux consommateurs la possibilité d’effectuer leurs achats de la façon la plus éclairée possible. « Tous les produits alimentaires doivent être cultivés de façon durable, conclut le biologiste. Pour y parvenir, nous devons comprendre que les circuits alimentaires ont besoin de changements systémiques ». Le collectif « Sauvons la forêt » recommande, à cette fin, de consommer des plantes oléagineuses qui poussent en Europe, telles que l’olive, le colza et le tournesol : « Acheter des aliments locaux permet non seulement d’éviter des méthodes de culture douteuses mais aussi des milliers de kilomètres de transport à travers le monde. »


