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31.08.20 modifié le 18.04.26

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Ce petit oiseau protège les rhinocéros du braconnage !

Grâce à leur cri, les pique-boeufs alertent les rhinocéros sur lesquels ils se nourrissent de la présence éventuelle de braconniers. ©Adobestock

En Afrique du Sud, les rhinocéros qui portent sur leur dos des pique-bœufs évitent plus efficacement les braconniers que leurs congénères solitaires ! Ces oiseaux apparaissent comme de véritable sentinelles, indispensables à la protection de cette espèce en danger critique d’extinction. 30millionsdamis.fr espère que ce constat scientifique incitera les autorités locales à réintroduire des pique-bœufs pour réduire le braconnage et ainsi restaurer les populations de rhinocéros.

Gagnant-gagnant ! Si les pique-bœufs se réfugient sur le dos des rhinocéros pour se nourrir de leurs parasites, en retour, ces oiseaux au bec jaune et rouge alertent les mammifères en cas de présence humaine (« Oxpeckers help rhinos evade humans », Roan D. Plotz, Wayne L. Linklater, Current Biology, 04/2020). Heureuse symbiose ! Pour parvenir à cette découverte, des scientifiques ont observé, pendant plus de deux ans, près de 115 pachydermes qui arpentent la réserve africaine d’Hluhluwe-Umfolozi.

Les pique-bœufs alertent par leur cri les rhinocéros en cas de présence humaine

Plus il y a de pique-boeufs sur le rhinocétos, plus vite l’humain est détecté ! 

Roan Plotz, Biologiste

« Notre expérience a révélé que les rhinocéros sans pique-bœuf ne détectaient un humain à l’approche que dans 23% du temps. En revanche, ceux qui avaient des pique-bœufs ont détecté l’humain qui s’approchait dans 100% des cas, analyse Roan Plotz, co-auteur de l’étude et biologiste à l’Université Victoria (Australie). Et plus le rhinocéros transporte de pics, plus la distance à laquelle un humain est détecté est grande. »

En effet, les rhinocéros – certes pourvus d’une ouïe et d’un odorat développés – ont une vue médiocre : « Si les conditions le permettent, un chasseur peut s’approcher d’un rhinocéros à 5 mètres, tant qu’il reste dans le bon sens du vent », explique R. Plotz. A l’inverse, les volatiles bénéficient d’une vue perçante qui leur permet de détecter toute présence humaine, avant d’alerter, par leur cri, le mastodonte qu’ils chevauchent !

Réintroduire des pique-bœufs pour favoriser leur conservation… et celle des rhinocéros !

La réintroduction de pique-bœufs permettrait d’aider les rhinocéros à éviter les braconniers.

R. Plotz

Chassés par les humains pendant des dizaines de milliers d’années, les rhinocéros sont, aujourd’hui, au bord de l’extinction. Et le braconnage en est la cause première : les cornes de rhinocéros sont prisées, tant pour leurs prétendues vertus thérapeutiques que pour le symbole de réussite sociale qu’elles revêtent. Certes, les efforts de conservation ont contribué à une légère hausse des effectifs depuis 2012. Mais l’espèce n’est pas pour autant sauvée de l’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Et l’épidémie de Covid-19 n’a fait qu’accentuer ce fléau, l’impact économique de la crise sanitaire ayant contraint les personnes sans revenu à se tourner vers le braconnage.

Or, les rhinocéros sont nécessaires à la survie des pique-bœufs : ils constituent leur source d’alimentation. Les oiseaux pourraient donc avoir développé un comportement protecteur pour préserver leur source de nourriture et, par la même occasion, favoriser leur propre conservation. Malheureusement, les populations de pique-bœufs ont sensiblement diminué, au point de disparaître dans certaines régions. Il en résulte que de nombreux rhinocéros vivent désormais sans « gardien » dans leur milieu naturel. La réintroduction de pique-bœufs contribuerait donc à la conservation des deux espèces.  « Nous ne savons pas si la réintroduction des oiseaux réduirait considérablement les impacts de la chasse ; en revanche, nous savons que ceux-ci aideraient les rhinocéros à éviter les braconniers, ce qui en soi est un grand avantage », résume le scientifique. 

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