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05.02.21 modifié le 18.04.26

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Pêche au vif, marché aux oiseaux : Paris met fin à ces pratiques cruelles

Traversé par une ligne qui lui transperce les flancs, le poisson utilisé comme appât sert à attirer et à piéger un poisson plus gros. ©Paris Animaux Zoopolis

Vendre des oiseaux en cages sur les étals d’un marché, capturer un poisson à l’aide d’un congénère vivant en guise d’appât… Votées par le Conseil de Paris, ces pratiques sont désormais interdites au sein de la capitale. Une proposition de loi visant à interdire ce type de pêche avait été récompensée du Prix Jules Michelet par la Fondation 30 Millions d’Amis.

La ville-lumière peut aussi briller par certaines mesures en faveur des animaux ! Désormais, il sera interdit de pêcher dans la Seine et dans ses canaux en utilisant un poisson vivant en guise d’appât. Empalés sur des hameçons par la bouche, par les yeux ou traversés par une ligne qui leur perce les flancs, le calvaire des « vifs » se prolonge jusqu’à ce que leurs comportements de détresse ne finissent par attirer l’attention d’un congénère carnivore, venant s’empaler à son tour en tentant de consommer sa proie. Récompensé du Prix Jules Michelet par la Fondation 30 Millions d’Amis et l’Université de Limoges pour sa proposition de loi visant à interdire cette pratique barbare, Nicolas Pralong, titulaire du Diplôme universitaire en droit animalier, en soulignait les terribles dérives : « mutilation des poissons au-delà du strict « nécessaire » au passage de la ligne dans leurs chairs, utilisation de poissons rouges d’animalerie, utilisation marginale d’autres espèces : grenouilles, canetons, rats… »

Un contexte favorable à des avancées significatives pour les animaux

La question des animaux aquatiques, longtemps ignorée, émerge dans notre société. 

Amandine Sanvisens, PAZ

Votée par le Conseil de Paris, la fin de la pêche au vif est le fruit d’une mobilisation intense. « Nous militions déjà pour interdire toute forme de pêche à Paris : les prises étant interdites à la consommation pour des raisons sanitaires, il s’agit d’un pur « loisir » qui n’a pas lieu d’être, explique Amandine Sanvisens, fondatrice de Paris Animaux Zoopolis (PAZ), contactée par 30millionsdamis.fr. Au niveau national, nous réclamons l’interdiction de la pêche au vif en raison de la cruauté de cette pratique, à laquelle nous avons consacré une campagne. Lors du renouvellement de la mandature en 2020, nous avons donc demandé à la municipalité d’interdire au moins cette forme de pêche. » Précédant la capitale de quelques jours, la ville de Grenoble est la première en France à bannir ce procédé inhumain (29/01/2021). « Notre ambition est que d’autres communes, petites et grandes, suivent. L’émergence de ce sujet à l’échelle locale devrait pousser le gouvernement à agir », espère la militante.

Loin de voir dans ces décisions l’influence de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale adoptée par les députés en première lecture, le texte excluant les animaux sauvages à l’état de liberté, le contexte sociétal demeure favorable à de telles avancées. « C’est un travail de fond qui a été mené sur la condition animale dans notre pays. Nous sommes à un tournant », se félicite-t-elle, notant que « la question des animaux aquatiques, longtemps ignorée, émerge dans notre société ». « La décision prise par Grenoble et Paris montre que la population est prête à des avancées significatives pour les poissons. »

Le marché aux oiseaux, symbole de la marchandisation du vivant

Autre mobilisation couronnée de succès dans la capitale : la fermeture du « marché aux oiseaux », sis sur l’île de la Cité dans le IVe arrondissement (03/02/2021). « En décembre 2020, nous avons pris connaissance des gros travaux de rénovation prévus pour le marché aux fleurs, dans lequel se situe le marché aux oiseaux, explique Amandine Sanvisens. C’était l’opportunité pour demander la fermeture définitive de la zone dédiée à la vente d’animaux en cages. » Parmi les arguments avancés par l’association : lutter contre les souffrances causées par la privation de liberté infligée aux volatiles – condamnés à ne plus jamais pouvoir s’envoler, un besoin pourtant fondamental – et s’opposer à la marchandisation de ces êtres doués de sensibilité, exhibés sur les étals tels de simples « objets ». En amont, la sélection et la reproduction des animaux dans les élevages privilégient l’aspect lucratif au détriment de leur bien-être… sans compter la capture illégale en milieu naturel !

Si ces avancées notables sont à saluer, la mobilisation auprès des représentants municipaux ne s’arrête pas là. « Les institutions doivent d’urgence se saisir de la question des animaux liminaires [espèces sauvages vivant parmi les humains, NDLR]. Invisibles, exclus de l’espace urbain, on les empoisonne massivement : c’est le cas des rats, des lapins… », dénonce la responsable de PAZ. A cet égard, l’association prône la mise en place à Paris d’un groupe de travail destiné à la recherche de méthodes non létales pour cohabiter avec ces espèces, qui suscitent des peurs irrationnelles. La pétition de la Fondation 30 Millions d’Amis contre l’empoisonnement des rats de Paris a recueilli plus de 28 580 signatures.

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