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14.01.19 modifié le 17.04.26
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Nos pulls en laine peuvent cacher une terrible souffrance animale !

La laine d'Australie est récoltée au prix de la souffrance des moutons. © Ornella / Fondation 30 Millions d'Amis
L’Australie est le premier producteur de laine au monde. Une jeune française de 26 ans a travaillé pendant plusieurs semaines chez un tondeur de moutons, dans l’État du New South Wales. De retour en France, 30millionsdamis.fr a recueilli son témoignage, qui dévoile l’horreur qui se cache derrière certains de nos pulls. Explications.
En Australie, pays qui exporte chaque année l’équivalent de 2,27 milliards d’euros de laine, les éleveurs de moutons possèdent d’immenses troupeaux formés de plusieurs milliers d’animaux. Lorsque vient le moment de récolter la précieuse toison, ils font appel à des prestataires extérieurs. Des tondeurs professionnels qui ont eux-mêmes besoin de main d’œuvre…
Au printemps 2018, Ornella a parcouru les 16 560 kilomètres qui séparent la France de l’Etat du New South Wales afin de rejoindre Willshear Hay, entreprise spécialisée dans la tonte. « Mon rôle était de ramasser la laine au sol », explique à 30millionsdamis.fr la jeune française de 26 ans. Si elle désirait avant tout bénéficier d’une expérience bien rémunérée à l’étranger, elle a vite déchanté : « Quand j’ai vu ce qu’il se passait, je n’arrivais pas à y croire. J’ai donc décidé de témoigner. »
Des coups tranchants pour tétaniser les récalcitrants
Et ce qu’elle a vu laisse perplexe ! Après une longue attente dans des hangars souvent surchauffés, les moutons doivent se plier au rythme infernal de la tonte : « Comme le prestataire est payé à l’animal tondu, ça peut aller jusqu’à une centaine de têtes en deux heures ! », s’insurge-t-elle. Les animaux sont donc brusqués pour accélérer la cadence. « Quand les moutons se débattent trop, ils leur donnent des coups avec le bout tranchant de la tondeuse pour les tétaniser », frissonne encore la jeune femme. Les plaies et coupures sont donc monnaie courante. Or, sans vétérinaire sur-place, les tondeurs se chargent de recoudre les animaux blessés… Au risque de causer de terribles infections qui emportent leurs victimes dans les jours suivants.
Deux à trois arrêts cardiaques par jour

L’expérience est si traumatisante que le cœur de certains moutons n’y résiste pas. Ornella estime à deux, voire trois, le nombre d’arrêts cardiaques en une seule journée de travail. Et si un mouton glisse et se casse une patte ? « Le tondeur l’abat d’une balle dans la tête », répond-elle en ajoutant que les cadavres finissent alors « entassés dans un coin ». Quant aux agneaux, pourtant fragiles, ils ne sont pas plus épargnés. Bien que l’on ne récupère pas toujours leur laine, l’objectif est de les habituer le plus tôt possible à cette tonte.
L’Australie produisant un quart de la laine brute au niveau mondial selon son ministère de l’Agriculture, cette laine industrielle – dont la Fondation 30 Millions d’Amis avait déjà relaté les terribles conséquences – se retrouve en grande partie dans les pulls, manteaux et autres gilets vendus en France. Sans que le consommateur ne sache précisément quelle est le revers en termes de souffrance animale.


