Actualités
04.06.19 modifié le 17.04.26
64,7k vues
Cruauté et mauvais traitements dans un abattoir… bio !

Dans cet abattoir français pourtant certifié "bio", les animaux terrifiés voient leurs congénères se faire tuer et reprennent conscience pendant la saignée. ©capture d'écran DxE France
L’établissement est labellisé « bio », pourtant les faits sont glaçants… Les images révélées par l’association DxE France démontrent toute l’horreur subie par les animaux mis à mort dans cet abattoir de la Loire (04/06/2019). Pour 30millionsdamis.fr, un expert près les Cours d’appel de Paris et Versailles relève toutes les infractions visibles sur les images.
Les images d’un mouton prenant la fuite face à ses congénères agonisants, d’un autre tombant dans le vide entre deux grilles métalliques tandis qu’un troisième se retrouve le museau coincé dans l’appareil qui le bascule pour la saignée, d’un porcelet secoué de spasmes alors qu’un opérateur lui tranche la gorge… font froid dans le dos ! L’association DxE France dévoile une vidéo choc tournée en avril 2019 dans l’abattoir d’Andrézieux-Bouthéon (42), un établissement ouvert en 2015 qui se revendique pourtant « à taille humaine »1, et qui bénéficie de la certification « bio » !
Une nouvelle vidéo choc met en cause un abattoir, pourtant certifié « bio ». ©DxE France.
« La fermeture immédiate de l’établissement serait justifiée »
Sur cette vidéo, il apparait clairement que « les animaux ont une vision directe sur leurs congénères qui se débattent lorsqu’ils sont suspendus ce qui est illégal », observe Gilbert Mouthon, Professeur à l’école vétérinaire de Maisons Alfort et expert près des Cours administratives d’appel de Paris et de Versailles. Sollicité par 30millionsdamis.fr, le spécialiste constate sur ces séquences de nombreuses pratiques contraires à la réglementation : « Le matériel de contention n’est pas adapté […] ; l’électronarcose est insuffisante puisque les animaux reprennent conscience pendant la saignée quand ils sont suspendus ; il y a manifestement mauvais traitement des animaux et des actes de cruauté en particulier sur les porcs. ».
« Le directeur de l’abattoir est responsable mais surtout, ce sont les vétérinaires chargés de la surveillance et de la dénonciation à la Direction départementale de la protection des populations […] qui sont le plus pénalement et administrativement responsables », confie l’expert pour qui ces fautes graves justifieraient de demander « la [suspension] immédiate des activités de cet abattoir ».
Dans les abattoirs, le label « bio » n’évite pas la souffrance !
En novembre 2018, l’association L214 rendait publique son enquête sur l’abattoir du Boischaut (Indre) – également habilité à abattre des animaux issus de la filière bio – où des bovins étaient découpés vivants. En 2016, l’abattoir bio du Vigan se voyait lui aussi épinglé par les lanceurs d’alerte pour « sévices graves » envers des cochons, des moutons et des bovins. La Fondation 30 Millions d’Amis en est convaincue : si chacun reste libre de ses choix alimentaires, ces images permettent désormais à nos concitoyens – de plus en plus nombreux à se préoccuper du bien-être animal – d’être informés et de choisir de consommer ou non de la viande, en toute connaissance de cause.
Par ailleurs, les images ne permettent pas de déterminer précisément si les animaux reprennent conscience après étourdissement ou s’ils n’ont tout simplement pas été étourdis avant abattage, bien que l’établissement ait obtenu la certification « bio ». A son ouverture, un article du journal Le Pays (07/07/2015) mentionnait clairement que cet abattoir était « habilité pour l’abattage rituel ». Pour la Fondation 30 Millions d’Amis, l’étourdissement de tous les animaux préalable à l’abattage doit être la règle, sans exception.
1 Selon DxE France, entre 80 et 180 animaux seraient tués dans cet abattoir chaque semaine.


