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25.02.20

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Abattoir de veaux Sobeval : le ministre Didier Guillaume a-t-il menti sur Europe 1 ?

Le ministre de l'Agriculture nie les infractions constatées dans l'abattoir de Sobeval, alors que ses propres services les ont reconnues en interne. ©Europe 1

Après la diffusion d’une enquête dans un abattoir de veaux en Dordogne par l’association L214 (20/02/2020), le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume s’est exprimé publiquement, niant toute infraction à la réglementation dans l’établissement visé. Mais plusieurs mails internes du ministère révèlent que des infractions auraient bien été constatées… La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce la médiocrité de ce double discours manifestant un manque de respect total envers les Français !

« J’ai diligenté immédiatement des contrôles, et les contrôles tels que les premiers résultats que nous avons, mais on en aura un peu plus, montrent que le respect du bien-être animal est là, montrent que les choses se font ». Quelques jours après la diffusion de la nouvelle enquête de L214 consacrée à l’abattoir de veaux Sobeval en Dordogne, les propos de Didier Guillaume sur Europe 1 au micro de Wendy Bouchard (23/02/2020) tentent de discréditer l’enquête des lanceurs d’alerte. Pourtant, les révélations publiées par l’association auraient fait souffler un vent de panique dans les couloirs de l’Hôtel de Villeroy… Pour preuve, des échanges surprenants de courriels entre les hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture – reçus également « par erreur » dans les boîtes mails de L214 – qui trahissent une volonté claire de maquiller la réalité… visiblement trop contrariante vis-à-vis des intérêts du secteur.

« Il nous faut des éléments de langage béton pour ce soir »

En effet, alertés par un journaliste la veille de la sortie de l’enquête, les services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation sont en ébullition. « Il nous faut des edl [éléments de langage] béton pour ce soir… Et côté Saj [Service des affaires juridiques] à voir également. Merci ! » écrit une conseillère du cabinet du ministre le 19 février 2020 au matin. Il s’agit de démentir les arguments des lanceurs d’alerte : « La dernière inspection complète a eu lieu en décembre dernier. La seule non-conformité identifiée était celle de la contention des animaux en post-saignée lors d’abattage sans étourdissement préalable, qui a été corrigée depuis », propose un fonctionnaire demandant confirmation à ses collègues.

Ces premiers « éléments de langage » ne font toutefois pas l’unanimité : « attention : ces éléments très précis sont des “dires de” ; […] il serait risqué de trop s’avancer sur la question des NC [non-conformités] toutes corrigées », avertit la Direction générale de l’alimentation (DGAL). Un risque que la préfecture de Dordogne va prendre, par communiqué de presse le 19/02 au soir, en affirmant : « Au premier visionnage des vidéos de l’association, il n’y a pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation. » Le lendemain, la Direction départementale de la protection des populations (DDCSPP) tient peu ou prou le même discours : « cet abattoir est en règle et […] l’action de l’État permet de le confirmer ».

Un fonctionnaire des services du ministère de l’Agriculture, prend lui aussi ses distances aves les éléments de langage avancés : « J’ai fait la liste des NC [non-conformités] indéniables, voire majeures relevées ! », écrit-il. Les infractions soulignées par L214 sont en effet flagrantes : « la tête des veaux n’est toujours pas immobilisée, les tirs d’étourdissement sont toujours aléatoires, les contrôles de conscience ou de sensibilité absents », confirment les lanceurs d’alerte.

Tout ceci n’empêchera pas Didier Guillaume de nier toute infraction, par la suite, dans les médias !

La démission du ministre de l’Agriculture demandée

Réitérant sa demande de fermeture immédiate de l’abattoir Sobeval pour les infractions graves que révèlent les images publiées jeudi dernier, l’association L214 réclame la démission de Didier Guillaume. « Encore une fois, nous nous trouvons confrontés à un ministre qui dissimule le non-respect de la réglementation, qui n’ira jamais à l’encontre des lobbies de la viande, jamais dans le sens de l’intérêt général, qui ne défendra jamais les animaux, déclare Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. Après une annonce bidon concernant le transport des animaux lors d’un épisode de canicule, une présence remarquée à une corrida cet été, des mesures “jamais vues” décevantes, il est grand temps de changer de ministre et de sortir la condition animale du ministère de l’Agriculture. »

Selon le baromètre mené par la Fondation 30 Millions d’Amis et l’Ifop en janvier 2020, 75 % des Français considèrent que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte la protection animale dans son action. Les tentatives de dissimulation du ministre de l’Agriculture ne seront pas de nature à les faire changer d’avis !

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