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18.03.21 modifié le 18.04.26

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Fermes à fourrure en Chine : l'enquête accablante de la HSI

Les renards argentés sont cloîtrés dans des rangées de cages métalliques en attendant une mort violente. ©HSUS

Cages insalubres, abattage défaillant, violation des règles sanitaires… Les enquêteurs de l’ONG Humane Society International (HSI) dressent un constat terrifiant après avoir visité une douzaine de fermes à fourrure chinoises. En France, si l’interdiction de l’élevage des animaux pour leur fourrure a été annoncée, rien ne s’oppose à la vente de peaux venues de l’étranger. La Fondation 30 Millions d’Amis prône à minima un étiquetage obligatoire indiquant la provenance – et l’exacte nature – de ces matières animales.

Un enfer ! Provenant de 13 élevages de renards argentés et de chiens viverrins – étiquetés « raccoon dog« , il ne s’agit aucunement de chiens mais de petits mammifères d’Asie de l’Est, d’apparence proche des ratons-laveurs (raccoon, en anglais) – visités entre novembre et décembre 2020 par des enquêteurs de la Humane Society International (HSI), les images diffusées par l’ONG témoigneraient d’une situation cauchemardesque pour les animaux exploités pour leur fourrure en Chine. Selon la HSI, qui œuvre à l’appui d’associations locales de protection animale, les fermiers seraient en infraction vis-à-vis de plusieurs réglementations nationales en matière d’élevage, qu’il s’agisse des conditions de vie des animaux en cages, de leur abattage ou encore des mesures sanitaires visant à contrôler les épidémies.

Plusieurs minutes de souffrance extrême

Il n’y a rien de glamour à électrocuter des animaux à mort.
Kitty Block, HSI

Si les chiens viverrins sont généralement abattus par électrocution infligée au niveau de la boîte crânienne afin de perdre conscience avant la découpe et l’écorchage, les enquêteurs auraient néanmoins constaté de graves défaillances. Ainsi, dans l’un des élevages, le choc électrique serait selon eux appliqué de façon aléatoire sur le corps de l’animal. « Les animaux visibles sur cette vidéo sont soumis à une électrocution violente et chaotique dans le corps et non dans le cerveau, ce qui signifie qu’ils ont très probablement subi plusieurs minutes de douleurs et de souffrances physiques extrêmes, comme des symptômes de crise cardiaque, explique le Pr Alastair MacMillan, conseiller vétérinaire pour la HSI. Au lieu d’une mort instantanée, ils sont certes immobilisés, mais ils restent conscients et ils ressentent la douleur intense de l’électrocution. »

Les images de l’enquête montrent également des renards entassés dans des rangées de cages métalliques, manifestant des comportements répétitifs qui témoigneraient de leur stress. « Les animaux des fermes à fourrure vivent dans un monde de peur et de souffrance constantes, et cette dernière enquête en est une preuve supplémentaire, affirme par communiqué Kitty Block, présidente de Humane Society International (HSI) et de sa branche américaine HSUS (15/03/2021). Il est difficile d’imaginer que quiconque reste fidèle à cette cruauté au nom de la mode. Il n’y a rien de glamour à électrocuter des animaux à mort. Les fermes à fourrure n’ont pas leur place dans une société moderne et il est essentiel que nous mettions fin au commerce de la fourrure pour de bon. »

Les règles sanitaires élémentaires anti Covid-19 bafouées

Dans le contexte sanitaire du Covid-19, l’ONG affirme de surcroît qu’aucune des fermes à fourrure contrôlées ne suivait les mesures de biosécurité les plus élémentaires, étant dépourvues de stations de désinfection aux points d’entrée et de sortie – pourtant imposées par la réglementation chinoise – et laissant les visiteurs libres de circuler sans rappel des précautions de sécurité. Des manquements inquiétants selon la HSI, soulignant que le virus SARS-Cov-2 responsable de la pandémie actuelle se transmet aux visons mais aussi potentiellement à d’autres espèces élevées pour leur fourrure, à l’instar du chien viverrin et du renard, pouvant à leur tour contaminer les humains. Au mépris des règles sanitaires visant à limiter les contacts – y compris alimentaires – avec la faune sauvage, un éleveur aurait même confié que la chair de ses bêtes était servie… dans des restaurants locaux !

Interdire le commerce de la fourrure

Le marché global de la fourrure est estimé à 22 milliards de dollars (environ 18 milliards d’euros) par an (Vogue Business, 18/01/2021). Une industrie lucrative reposant principalement sur la Chine, premier producteur de fourrure au monde avec 14 millions de renards, 13,5 millions de chiens viverrins et 11,6 millions de visons tués en 2019 (HSI). Outre-Manche, où l’élevage d’animaux pour leur fourrure est interdit depuis déjà une vingtaine d’années, l’enquête de la HSI a provoqué l’indignation des associations de protection animale telles que la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux (RSPCA), réclamant la fin de l’importation de fourrure depuis la Chine.

En effet, la traçabilité des produits issus des fermes incriminées étant brouillée par le nombre d’intermédiaires (marchands, grossistes, fabricants exportant les vêtements), rien ne garantit que cette fourrure ne se retrouve pas sur le marché britannique… ni même sur le marché français ! Or, si la fin de l’élevage d’animaux pour leur fourrure en France a été annoncée par le gouvernement, rien ne s’oppose en revanche à la vente de peaux importées de l’étranger, alors que 9 Français sur 10 réclament l’interdiction totale du commerce de la fourrure (baromètre Fondation 30 Millions d’Amis /Ifop, janvier 2021). La Fondation 30 Millions d’Amis prône à minima un étiquetage obligatoire indiquant la provenance de ces matières animales dont la production engendre des souffrances intolérables.

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