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12.04.21 modifié le 18.04.26
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Animaux sauvages en captivité : les refuges face à la crise sanitaire en Thaïlande

Depuis la fermeture des frontières en Thaïlande, les animaux sauvages détenus en captivité sont devenus d'encombrantes « bouches à nourrir ». ©WFFT
Que deviennent les animaux sauvages détenus en captivité en Thaïlande ? La fermeture des frontières en mars 2020 et l’absence de touristes étrangers qui en a découlé sont venus aggraver une situation déjà dramatique. Face à ce fléau, l’association Wildlife Friends Foundation Thailand (WFFT) – soutenue par la Fondation 30 Millions d’Amis – tire la sonnette d’alarme.
Les touristes ont déserté… mais pas la souffrance animale ! En Thaïlande, la fermeture des frontières en raison de la pandémie de Covid-19 a privé le pays de l’afflux de visiteurs étrangers qui alimentait l’un des principaux secteurs d’activité de la région, celui du tourisme. Les éléphants exploités pour les balades, mais aussi les tigres ou encore les gibbons utilisés pour faire des selfies… ne rapportent désormais plus rien à leurs détenteurs. Tous ces animaux sauvages maintenus en captivité sont devenus, depuis plus d’un an, d’encombrantes « bouches à nourrir ».
La Fondation 30 Millions d’Amis débloque une aide d’urgence
« En 2020, nous avons accueilli 56 animaux sauvages abandonnés par des personnes qui avaient perdu leurs revenus à cause de la Covid : 5 éléphants, un chimpanzé, 6 gibbons et bien d’autres espèces comme des loutres et des macaques, énumère Edwin Wiek, fondateur de l’association Wildlife Friends Foundation Thailand (WFFT) – soutenue par la Fondation 30 Millions d’Amis – qui recueille depuis 2001 les animaux sauvages victimes d’abandon et des trafics. Nous avons aussi une énorme liste d’attente, mais nos fonds ne nous permettent pas d’en accepter davantage. » Le centre de réhabilitation de l’ONG abrite à ce jour plus de 800 pensionnaires, dont plusieurs centaines de primates ainsi que des dizaines d’éléphants, d’ours, de cervidés, de reptiles et de félins sauvages.

Parallèlement à la vague d’abandons causée par la chute de l’activité touristique, les trafics d’animaux sauvages n’ont pas faibli, continuant d’alimenter un tout autre type de demande. « De riches particuliers détiennent des tigres, des lions et même des orangs-outans comme animaux de compagnie », explique Edwin Wiek. A l’instar des félins sauvages, les grands singes sont souvent recherchés par des familles aisées, qui les maintiennent captifs dans des conditions incompatibles avec leur bien-être. « Nous attendons trois chimpanzés supplémentaires, après en avoir accueilli un premier il y a quelques mois. Ces primates, qui viennent de particuliers, sont tous victimes du trafic qui sévit en Thaïlande depuis plus de 30 ans », précise l’expatrié d’origine néerlandaise.

Malgré ce constat dramatique, le responsable de la WFFT reste optimiste pour l’avenir du centre de réhabilitation et des animaux pris en charge. « Je suis certain que lorsque les frontières ré-ouvriront en octobre, tout ira bien, projette Edwin Wiek. Nous avons des centaines de bénévoles qui seront ravis de pouvoir revenir nous aider. » La Fondation 30 Millions d’Amis, qui avait financé l’achat de matériel médical pour le refuge en 2013 puis en 2015, va débloquer une aide d’urgence afin de soutenir la structure durement éprouvée par la situation économique et sanitaire en Thaïlande.


