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09.08.21 modifié le 18.04.26

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La préfecture de l’Oise prévoit l’abattage de 3000 renards !

Dans l'Oise, jusqu'à 3000 renards pourraient être tués avant la fin de l’hiver prochain. Image d'illustration - ©Hans Veth /unsplash

Chasses, battues, tirs à l’affût et tirs de nuit ! Un projet a été déposé sur le site web de la préfecture de l’Oise afin de tuer quelque 3000 renards dans le département jusqu’au 31 mars 2022. L’association ASPAS – partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis – dénonce un « non-sens écologique ». Une consultation publique est ouverte jusqu’au 23 août.

Un massacre programmé. Après avoir déjà déposé plusieurs arrêtés illégaux de « destruction » des renards, finalement retirés sous la pression des associations de protection de la faune sauvage ASPAS et AVES France – partenaires de la Fondation 30 Millions d’Amis, la préfecture de l’Oise persiste et signe ! Un nouveau projet d’abattage de renards est annoncé sur son site web, respectant cette fois-ci les obligations légales d’information du public… ou presque : « aucune indication n’est donnée au public pour l’envoi des réponses à la consultation publique ! Un acte manqué ? », s’interroge l’ASPAS dans un communiqué (5/8/2021).

Le renard, concurrent des chasseurs pour le petit gibier

« Les lieutenants de louveterie [au nombre de 15 dans le département, NDLR] sont autorisés à réguler les renards, dans la limite d’un nombre maximum de 200 animaux [chacun, NDLR], soit sous forme de chasses ou de battues administratives, soit individuellement, soit par des tirs à l’affût, soit par des tirs de nuit à l’affût avec utilisation de sources lumineuses », précise le projet d’arrêté. Ce sont donc quelque 3000 renards qui pourraient être tués, de jour comme de nuit, avant la fin de l’hiver prochain ! Pour justifier cette mesure, la préfecture invoque « la nécessité d’opérer une régulation du renard qui reste un prédateur (…) pour une grande partie du petit gibier (lièvres, lapins, cailles, faisans, perdrix, canards colverts, le gibier d’eau et les faons) »… Autant de proies – pour certaines issues d’élevages et relâchées juste avant la chasse – que les chasseurs disputent au goupil, considéré comme un concurrent à leur funeste loisir.

Autoriser ces « destructions » supplémentaires de renards est non seulement inutile, mais il s’agit aussi d’un non-sens écologique.
ASPAS

En outre, la préfecture invoque « l’absence de chasse au petit gibier liée au premier confinement de l’année 2020 ayant engendré le développement du renard », ainsi que « l’absence des prélèvements et des piégeages de renards (…) pendant cette période ». « Autoriser ces « destructions » supplémentaires de renards dans l’Oise est non seulement inutile, mais il s’agit aussi d’un non-sens écologique, réagit l’ASPAS. Si les chasseurs accusent les renards de voler « leur » petit gibier, les agriculteurs, eux, sont bien contents de bénéficier d’un dératiseur naturel ! On estime en effet qu’un seul renard peut chasser jusqu’à 6000 campagnols par an, des petits rongeurs susceptibles de détruire récoltes et herbages. »

L’argument sanitaire, à l’avantage du renard !

En termes de risque sanitaire, la chasse est une forme de déconfinement.
Frédéric Jiguet,  Muséum national d’Histoire naturelle

Les autorités de l’Oise mettent enfin en avant l’argument de la santé : « la régulation du renard (…) participe à la maîtrise raisonnée contre l’échinococcose alvéolaire, la leptospirose, la néosporose, la gale et les tiques (maladie de lyme et la méningite) », écrivent-elles. La dimension sanitaire tournerait pourtant… à l’avantage de la protection du goupil ! « Si chaque famille de renards reste sur son territoire, l’échinocoque [ver parasite responsable de l’échinococcose, NDLR] se transmettra moins, expliquait Frédéric Jiguet, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), interrogé par 30millionsdamis.fr. Mais si vous tuez des individus, vous déstabilisez les populations de renards, qui vont alors se disperser et répandre la maladie. En termes de risque sanitaire, la chasse est une forme de déconfinement. » A bon entendeur ! « Volontiers charognard, (le renard) participe à l’élimination des animaux malades et des cadavres, évitant ainsi la propagation d’épidémies », souligne de son côté l’ASPAS.

Faisant fi des considérations tant sanitaires qu’éthiques, les autorités persistent à vouloir privilégier les intérêts cynégétiques… en autorisant le massacre d’au moins 500.000 renards par an sur l’ensemble du territoire national. Une cinquantaine d’ONG de protection animale – dont la Fondation 30 Millions d’Amis – demandent à la ministre de la Transition écologique et solidaire de réévaluer la réglementation relative aux espèces dites « nuisibles ». En attendant, la consultation publique relative au projet d’arrêté de la préfecture de l’Oise est ouverte jusqu’au 23 août 2021. Faute d’indication sur les modalités de réponse, vous pouvez tenter de faire part de vos observations auprès de la Direction départementale des territoires par courriel.

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