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14.01.22 modifié le 18.04.26
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Chasse à courre : des incidents toujours plus nombreux et des sanctions trop faibles

Une harde de 8 cerfs a été traquée par un équipage de chasse à courre jusqu'aux abords d'un centre médical. Ce nouvel incident confirme une fois de plus les dangers liés à cette pratique. ©Pixabay
Une harde de cerfs traquée jusqu’aux abords d’un centre médical pour enfants, un cerf tué près d’une habitation… Les dérives de la chasse à courre sont régulières. Lorsqu’elles existent, les sanctions sont insignifiantes. En témoigne la suspension d’un équipage décidée par la Préfète de l’Oise… pour une durée de 15 jours seulement ! La Fondation 30 Millions d’Amis réitère au Gouvernement sa demande d’abolir, purement et simplement, cette pratique d’un autre âge.
Panique dans l’Oise ! Lors d’une chasse à courre, à Larmolaye (60), des veneurs du « Rallye des Trois Forêts » et leurs meutes de chiens ont traqué 8 cerfs jusqu’aux abords d’un centre médical pour enfants porteurs de handicaps.
Des incidents réguliers
Le loisir d’une poignée d’individus semble l’emporter sur les besoins urgents d’une population.
AVA Compiègne
« Ce n’est pas la première fois, c’est même régulier, déplore l’association AVA Chantilly. La dernière en date, le 14 décembre 2021, le « Rallye des Trois Forêts » traquait un cerf sur cette propriété : à la nuit tombée, alors que le cerf est couché dans le parc, les veneurs hésitent à appuyer sur la détente. C’est la gendarmerie qui demandera de mettre fin à la chasse ! ». D’autres cervidés n’ont malheureusement pas la même chance.
Dans le même département, en décembre 2021, un cerf, traqué par l’équipage de la « Futaie des Amis », s’est réfugié dans un hameau de Morienval – donc en zone habitée – et l’un des veneurs l’a abattu de sang froid. Un mois plus tôt, le même équipage avait pourchassé un autre cerf jusqu’aux abords du stade de foot de Saint Sauveur, aux risques et périls des familles présentes sur place.
Une sanction insignifiante
A la suite de ces nombreux incidents, la secrétaire d’Etat Bérangère Abba a décidé d’ouvrir une enquête pour suspendre l’équipage concerné et, plus généralement, interdire la vénerie à moins de 300 mètres des habitations. Résultat, l’équipage écope de 15 malheureux jours de suspension… et aucun arrêté complémentaire n’a été pris ! « Une terrible désillusion pour les habitants qui subissent les méfaits de l’équipage depuis 60 ans », a réagi AVA Compiègne. Cette décision préfectorale décevante n’est malheureusement pas si étonnante : l’enquête ayant été confiée à la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage de l’Oise. Une organisation en partie composée de chasseurs et de leurs proches !
« Les autorités n’ont même pas fait semblant d’écouter l’ensemble des points de vue : la décision tombe la veille de notre rendez-vous, pour lequel nous avions préparé des dossiers et des pistes pour améliorer la vie des habitants et des animaux, fustige l’association. Encore une fois, le loisir d’une poignée d’individus semble l’avoir emporté sur les besoins urgents de toute une population. »
La Fondation 30 Millions d’Amis réitère sa demande d’abolir la chasse à courre
Pour mettre fin à ces dérives, la Fondation 30 Millions d’Amis intime le Gouvernement d’abolir, de manière générale et définitive, la chasse à courre. Un vœu très largement partagé par l’opinion publique : 8 Français sur 10 demandent l’interdiction de cette pratique d’un autre temps (Baromètre Fondation 30 Millions d’Amis /Ifop, 2021).
Signez notre pétition pour l’abolition de la chasse à courre.


