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06.02.22 modifié le 16.04.26
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Un décret interdit le broyage des poussins mâles en France

Environ 300 millions de poussins mâles sont tués chaque année dans l'Union européenne, dont 50 millions en France, car incapables de pondre des œufs. ©Saulog Munhoz /Pixabay
L’élimination des poussins mâles à la naissance dans la filière des poules pondeuses est interdite par le gouvernement. Les couvoirs français ont jusqu’à fin 2022 pour changer leurs pratiques, selon un décret paru au Journal officiel.
Cette mesure, réclamée notamment par les associations de défense des animaux, était attendue depuis plusieurs années en France, premier producteur d’oeufs en Europe. On estime qu’environ 300 millions de « frères » de poules sont tués chaque année dans l’Union européenne, dont 50 millions en France, car incapables de pondre les oeufs qui finiront dans nos assiettes.
Déterminer le sexe des embryons dans l’oeuf
Cinq couvoirs spécialisés dans la fourniture de poules pondeuses aux éleveurs sont concernés par le décret (6/02/2022). Certains ont commencé à installer des machines permettant de déterminer le sexe des embryons dans l’oeuf (ovosexage) – et donc d’éliminer les mâles avant éclosion. Selon le texte, qui prévoit une amende pour les contrevenants, les couvoirs devront justifier pendant l’année qu’ils ont bien commandé des machines d’ovosexage et engagé les travaux pour les installer. Ces matériels « permettant de déterminer le sexe de l’embryon au plus tard le quinzième jour d’incubation » (sur 21, NDLR) doivent fonctionner « au plus tard le 31 décembre 2022« .
« C’est allé un peu plus vite que ce qu’on souhaitait« , a réagi auprès de l’AFP le président de l’interprofession de l’oeuf (CNPO), Philippe Juven. « Comme ce sont des technologies nouvelles, il y a des mises au point à faire sur ces installations. Les entreprises vont faire le maximum« , a-t-il ajouté, sans pouvoir assurer que les couvoirs seront en mesure d’ovosexer tous les poussins d’ici à la fin de l’année. Compte tenu de la « bonne volonté » de la filière, il estime qu’il y aura une « compréhension de la part des pouvoirs publics » si les délais ne sont pas tenus.
Dès 2019, dans l’optique d’accélérer la recherche d’options alternatives par les entreprises, le ministre de l’Agriculture d’alors,
Plusieurs filières non concernées
L’élimination des poussins mâles est interdite depuis le début de l’année en Allemagne, où ont été mises au point les machines d’ovosexage dont les couvoirs français doivent aujourd’hui s’équiper. En France, l’Etat doit subventionner une partie des investissements des couvoirs, chiffrés à 15 millions d’euros. Quant à la prestation d’ovosexage, elle rendra les futures poules nettement plus chères. Un surcoût annuel estimé dans un premier temps par la profession à 64 millions d’euros, puis ramené à 47 millions d’euros. La filière réfléchit aux moyens de répercuter ce surcoût au niveau des consommateurs, via une cotisation prélevée sur les oeufs vendus.
L’interdiction d’abattre les poussins ne concerne pas les lignées destinées à la reproduction, ni le marché spécifique de l’alimentation animale – quand les poussins servent à nourrir des reptiles ou rapaces, par exemple – ni les canetons de la filière du foie gras.
(Avec AFP)


